Publié le 23 octobre 2026.
À Genève, l'impôt à la source concerne les personnes domiciliées en Suisse sans permis C et les personnes qui y travaillent sans y être domiciliées, comme les frontaliers. Votre employeur retient l'impôt sur votre salaire ; si cette retenue ne correspond pas à votre situation, vous pouvez demander une rectification (DRIS) ou une taxation ordinaire ultérieure (TOU), au plus tard le 31 mars de l'année qui suit.
L'essentiel
- Le formulaire DRIS/TOU se dépose au plus tard le 31 mars de l'année qui suit le prélèvement (règle de l'administration fiscale genevoise, page mise à jour le 13.03.2026).
- Sans formulaire, l'impôt retenu devient définitif, sauf rectification engagée par l'administration fiscale.
- Depuis le 1er janvier 2021, la DRIS ne permet plus de faire valoir les frais effectifs ni les déductions supplémentaires : il faut une TOU.
- En 2026, la TOU est obligatoire pour un résident dont les revenus annuels bruts atteignent 120'000 francs.
- Un frontalier peut demander une TOU s'il est quasi-résident : au moins 90 % des revenus bruts mondiaux de son foyer doivent être imposables en Suisse.
Qui est imposé à la source
Selon l'Administration fédérale des contributions, deux groupes de personnes sont imposés à la source. Le premier réunit les personnes domiciliées en Suisse qui n'ont pas de permis d'établissement (permis C). Le second réunit les personnes sans domicile fiscal en Suisse qui y perçoivent un revenu : frontaliers, résidents à la semaine, artistes ou sportifs, par exemple.
À Genève, ces règles sont précisées par la loi sur l'imposition à la source des personnes physiques et morales (LISP), en vigueur depuis le 1er janvier 2021. L'imposition à la source s'arrête lorsque vous n'y êtes plus soumis, par exemple après l'obtention d'un permis C ou de la nationalité suisse.
Remplir le formulaire DRIS/TOU n'est pas obligatoire. Si vous ne le faites pas, l'impôt prélevé sur votre salaire devient définitif, sous réserve d'une rectification engagée par l'administration fiscale. C'est donc à vous de vérifier, chaque année, si la retenue correspond à votre situation.
Ce que l'employeur retient, et sur quelle base
L'employeur prélève l'impôt directement sur votre salaire, chaque mois. Il applique un barème et un taux qui dépendent des informations qu'il a sur vous : le salaire versé, votre situation familiale, vos enfants, les revenus de votre conjoint.
Ces informations peuvent être incomplètes, ou changer en cours d'année : naissance d'un enfant, mariage, conjoint qui reprend une activité. La retenue peut alors s'écarter de votre situation réelle.
Un même formulaire, le formulaire DRIS/TOU, permet d'y répondre. Vous y demandez soit une rectification de la retenue (DRIS), soit une taxation ordinaire ultérieure (TOU), qui remplace la retenue par une taxation complète.
Corriger la retenue : la DRIS
La demande de rectification de l'impôt à la source (DRIS) sert à corriger le calcul de la retenue. Selon l'administration fiscale genevoise, elle permet :
- de contester le salaire pris en compte, le barème ou le taux appliqué ;
- de déclarer les revenus réels de votre conjoint si le barème C vous est appliqué ;
- de faire prendre en compte un enfant de moins de 25 ans que votre employeur n'a pas retenu, y compris en concubinage, en Pacs ou en garde alternée sans splitting ;
- de faire prendre en compte un enfant majeur à qui vous versez une pension alimentaire ;
- de faire prendre en compte un enfant de plus de 25 ans, apprenti ou étudiant pendant l'année.
La DRIS a une limite importante. Depuis le 1er janvier 2021, elle ne permet plus de faire valoir vos frais effectifs ni des déductions supplémentaires : cotisations au 3e pilier A, rachats dans la prévoyance professionnelle (2e pilier), frais de garde, frais de formation, pensions versées pour des enfants mineurs. Pour ces déductions, il faut passer par une TOU et une déclaration d'impôts.
Passer à une déclaration complète : la TOU
La taxation ordinaire ultérieure (TOU) remplace l'impôt retenu à la source par une taxation fondée sur une déclaration complète, avec les déductions admises.
Pour une personne domiciliée à Genève, la TOU est obligatoire dans plusieurs cas, d'après la page de l'administration fiscale genevoise mise à jour le 13.03.2026 :
- des revenus annuels bruts d'au moins 120'000 francs (pour un couple marié, il suffit que l'un des conjoints atteigne ce seuil) ;
- des revenus annuels bruts non imposés à la source d'au moins 3'000 francs au total ;
- une fortune imposable, un bien immobilier, une activité indépendante à Genève ou une autre activité à l'étranger ;
- un conjoint sans activité lucrative ;
- une TOU déjà effectuée une année précédente.
Pour un résident, la TOU reste ensuite applicable les années suivantes, même si vous ne souhaitez plus en bénéficier. Elle ne prend fin qu'avec la fin de l'imposition à la source, par exemple à l'obtention d'un permis C ou de la nationalité suisse.
Un résident qui n'est dans aucun de ces cas peut aussi demander une TOU, au plus tard le 31 mars de l'année qui suit le prélèvement. C'est la voie à étudier si vous souhaitez faire valoir des déductions qu'une DRIS ne permet plus.
Attention : une démarche possible n'est pas forcément avantageuse. Une taxation complète peut aboutir à un impôt plus élevé que la retenue. Mieux vaut faire le point avant de déposer le formulaire.
Le cas des frontaliers et des quasi-résidents
Si vous vivez hors de Suisse et travaillez à Genève, l'impôt est aussi retenu sur votre salaire. Vous pouvez demander une TOU si vous êtes quasi-résident : au moins 90 % des revenus bruts mondiaux de votre foyer, revenus du conjoint compris, doivent être imposables en Suisse.
Le lieu de travail ne suffit pas à trancher : le calcul porte sur les revenus du foyer entier. Deux frontaliers au même salaire peuvent donc être dans des situations opposées, selon les revenus de leur conjoint.
Pour un non-résident, la TOU sur demande n'est pas reconduite d'elle-même. Elle doit être renouvelée chaque année, toujours avant le 31 mars de l'année qui suit le prélèvement.
Le télétravail depuis l'étranger obéit à des règles propres à chaque pays voisin, fixées par les accords entre la Suisse et ce pays. Il fera l'objet d'un article séparé.
Le délai du 31 mars
Le formulaire DRIS/TOU se dépose au plus tard le 31 mars de l'année qui suit le prélèvement de l'impôt. Pour l'impôt retenu en 2026, la date limite tombe donc le 31 mars 2027.
Si vous hésitez entre DRIS et TOU, faites le point avant cette date. Nos prestations couvrent l'analyse de votre situation, la demande DRIS ou TOU et la déclaration d'impôts. Les réponses courtes aux questions les plus fréquentes sont aussi sur notre page FAQ.
Questions fréquentes
Dois-je remplir le formulaire DRIS/TOU chaque année ?
Non, ce n'est pas obligatoire. Sans formulaire, l'impôt retenu sur votre salaire devient définitif, sauf rectification engagée par l'administration fiscale. Un non-résident qui souhaite une TOU doit en revanche la redemander chaque année.
Puis-je faire valoir mon 3e pilier A avec une DRIS ?
Non. Depuis le 1er janvier 2021, les cotisations au 3e pilier A, comme les rachats de 2e pilier et les frais de garde, passent par une TOU et une déclaration complète.
Mon permis C vient d'être délivré : que se passe-t-il ?
Vous n'êtes plus soumis à l'impôt à la source. Le régime de la TOU des résidents prend fin avec lui.
Je suis frontalier : la TOU est-elle automatique ?
Non. Elle doit être demandée chaque année, et elle n'est possible que si vous êtes quasi-résident, avec au moins 90 % des revenus bruts mondiaux du foyer imposables en Suisse.
Sources
- Demande de rectification ou de taxation ordinaire ultérieure (DRIS/TOU), État de Genève, mise à jour du 13.03.2026, consultée le 23.10.2026
- Pourquoi demander la rectification de l'impôt à la source (DRIS) ?, État de Genève, mise à jour du 30.03.2026, consultée le 23.10.2026
- Quand demander ou annoncer une taxation ordinaire ultérieure (TOU) ?, État de Genève, mise à jour du 13.03.2026, consultée le 23.10.2026
- Quellensteuer (impôt à la source), Administration fédérale des contributions, consultée le 23.10.2026
- Loi sur l'imposition à la source des personnes physiques et morales (LISP, D 3 20), état au 1er janvier 2026, consultée le 23.10.2026
Chiffres vérifiés le 23.10.2026.
Ces explications sont générales et ne remplacent pas l’analyse de votre situation.
